Appel à communication
Penser l’Amérique latine : débats transdisciplinaires. À 50 ans du coup d’État en Argentine
Colloque international organisé par le Centre d’Études Hispaniques d’Amiens (CEHA, UPJV)
21 et 22 octobre 2026 à l’Université Picardie Jules Verne, Amiens
Le colloque a pour objectif d'aborder les thèmes et les problématiques de l'Amérique latine à partir de différentes disciplines, parmi lesquelles l'histoire, la littérature et la linguistique. Cet espace cherche à s'imposer comme un lieu de discussion biennal, qui favorise l'analyse transdisciplinaire d'un thème de l'histoire et de la réalité latino-américaine. En ce sens, la transdisciplinarité n'est pas seulement conçue comme la présentation d'un même thème sous différents angles, mais comme une intégration des disciplines qui permet de générer de nouvelles connaissances et de dépasser les limites de chaque domaine.
Pour cette première édition, nous commémorerons le cinquantième anniversaire du coup d'État, survenu en Argentine le 24 mars 1976, date à laquelle les forces armées ont renversé le gouvernement constitutionnel de María Estela Martínez de Perón, marquant le début d'une dictature civile et militaire (le Proceso de Reorganización Nacional) qui a profondément marqué l'histoire politique et sociale du pays. Il convient de souligner que, tant au XIXe siècle que pendant les six premières décennies du XXe siècle, de nombreux coups d'État et dictatures ont affecté la plupart des pays d'Amérique latine. Cependant, les régimes militaires sud-américains des décennies 1960 à 1980 présentaient des caractéristiques communes et spécifiques qui les différencient clairement des expériences précédentes. L'Argentine est l'un des cas où les méthodes répressives ont été les plus systématiques et les plus élaborées.
On pourra s’interroger sur les regards portés sur cet événement avec 50 ans de distance, dans un pays où les conséquences directes de la dictature sont encore très présentes au quotidien et animent le débat et les imaginaires politiques – depuis les retrouvailles régulières des enfants volés avec leurs familles d’origine, jusqu’à la remise en cause par certaines figures politiques du chiffre des 30.000 disparus.
Qu’a pu apporter à l’analyse du Proceso ce recul de 50 ans, notamment grâce aux processus judiciaires, aux témoignages des survivants, aux actions des mères, grands-mères et des enfants de disparus ?
Quel regard est porté aujourd’hui sur les militaires et leurs pratiques, mais aussi sur les Montoneros et autres groupes politiques de gauche qui ont subi de plein fouet la répression de la junte ?
Comment la répression a-t-elle ciblé les groupes minoritaires engagés contre la dictature (militants syndicaux, ouvriers, membres des partis d’opposition, étudiants, intellectuels, membres des communautés religieuses, etc.) ? Dans quelle mesure ces groupes minoritaires sont-ils encore confrontés aujourd’hui à des politiques répressives, et en quoi le contexte actuel renouvelle-t-il les enjeux auxquels ils font face ?
Quelles sont les survivances contemporaines de la dictature dans les pratiques, les discours, dans la création artistique et littéraire ?
Du côté des lettres, des publications récentes comme Aparecida de Marta Dillon, ou La llamada, de Leila Guerriero, témoignent de l’extrême vivacité de ce sujet.
Cette rencontre académique a pour objectif de commémorer le coup d'État et d’offrir des analyses novatrices à partir des nouveaux débats historiographiques, littéraires et de l'analyse du discours, en favorisant un dialogue interdisciplinaire qui élargit et approfondit les interprétations existantes de cet événement fondamental dans l'histoire argentine du XXe siècle.
Les communications aborderont le coup d'État militaire et le Proceso initié le 24 mars 1976 d'un point de vue historique, littéraire ou linguistique, en privilégiant des approches transdisciplinaires et une vision multiforme de cet événement ; les chercheuses et chercheurs intéressés sont invités à soumettre une proposition de communication relevant d’une analyse historique, littéraire ou linguistique.
Modalités de soumission :
Les propositions de communication devront comporter un titre, un résumé de maximum 400 mots, des références bibliographiques et une courte notice bio-bibliographique. Les dépôts se font directement sur ce site via l'entrée "nouveau dépôt". Il faut s’inscrire sur le site (« connexion » > « créer un compte ») afin de pouvoir déposer la proposition (onglet « nouveau dépôt »).
Les fichiers devront être nommés : NOM_Prénom_ Ameriquelatine
Chaque proposition sera expertisée de façon anonyme par les membres du comité scientifique.
Langues de communication : français et espagnol.
Dates importantes :
Réception des propositions de communication : jusqu’au 15 juin 2026
Notification d’acceptation des propositions : le 31 juillet 2026.
Programme définitif : à partir de septembre 2026.
ATTENTION : toutes les communications se feront en présentiel. Il sera possible de suivre le colloque via la plateforme Zoom.
Une publication des articles sélectionnés par évaluation en double aveugle est prévue dans un numéro thématique à définir ultérieurement.
Références
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